Rénover le yaourt : une nécessité

Ultra-frais, un poids lourd français en perte de vitesse

Le yaourt bénéficie d’une image très positive de la part des consommateurs en France –
« Nous sommes les champions du monde de la consommation de yaourts », rappelle Xavier Terlet, du cabinet XTC. En effet, d’après une étude réalisée par AC Nielsen, la France se trouve en deuxième position du classement des plus gros consommateurs de yaourts (avec 168 pots consommés par personne par an) devancée seulement par les Pays-Bas (185,6 pots consommés par personne par an).

Mais la consommation de produits ultra frais perd d’année en année en dynamisme.
Fin Décembre 2016, d’après IRI, le chiffre d’affaires de l’ultra-frais est estimé à 4,3 milliards d’euros, soit une perte de 2,1% en volume et 2,8% en valeur dont 2,2% de perte volume sur le seul marché du yaourt qui pèse toujours 45% du marché. Cela a entrainé une baisse de la production française de yaourts de 8 % en volume depuis 2012 d’après Les Echos.

Quelles sont les causes de cette baisse de consommation du yaourt ?

Une des grandes tendances de consommation confirme, année après année, l’installation profonde de la santé et du bien-être dans le choix de produits alimentaires.
Un sondage effectué par Ipsos en 2016 sur l’ultra-frais laitier confirme que 71% des personnes interrogées auraient des attentes sur la santé, le bien-être, et rechercheraient plus d’authenticité et de naturel dans les méthodes de fabrication tout en privilégiant le made in France et le bio.

Dans ce contexte, plusieurs études ont reproché au yaourt d’être le laitage qui causerait le plus de problème de santé : il provoquerait le cancer de la prostate chez les hommes et favoriserait l’obésité. Et même si ces croyances ne sont pas totalement vraies, beaucoup de personnes intolérantes au lactose associent le yaourt à la liste des produits laitiers à bannir de leur quotidien.

Comment réagissent les marques à ces nouvelles tendances ?

Les marques se lançant dans la vente de produits dits alternatifs (soja, bio, chèvre et brebis) enregistrent de fortes hausses des ventes et sont très plébiscitées par les consommateurs. Ce segment a connu une croissance de 22% sur l’année 2016 (source LSA conso).

La grande tendance du moment c’est le régime sans gluten et sans lactose. De nombreuses marques, telles que Matin Léger ou Bjorg ont pris en compte ce phénomène et ont ainsi développés des gammes de produits en conséquence.
Danone est le premier grand industriel de l’alimentaire à être entré sur le marché du bio en rachetant, en avril dernier, WhiteWave, le leader US mondial du secteur et des laits végétaux. Le groupe étend ainsi sa cible aux populations intolérantes au lactose en proposant des produits à base de laits d’amande, de soja et de coco. D’après Emmanuel Faber, Directeur général de Danone « Avec WhiteWave, nous avons acheté une partie du futur ». Le potentiel de la nouvelle entité DanoneWave est estimé entre 1 et 3 milliards de dollars.

Cette tendance se retrouve sur le e-commerce alimentaire avec un assortiment de 11 références de yaourts Bio sur 340, soit un peu moins de 3,5% de la catégorie représentée sur le drive d’après MySupermarket Data Performance, entreprise spécialisée dans le tracking expert de datas Drive pour l’aide à la décision.
Toujours d’après MySupermarket Data Performance, les stratégies entre enseignes sont opposées : E. Leclerc ne joue pas cette carte du segment de niche sur son drive avec très peu de références mais à un prix très faible comparément aux autres, une moyenne de prix sur ce segment pour E. Leclerc à 1,13 euros vs 1,89 euros pour Auchan mais qui lui a le plus de références et un taux promotionnel de 30%.Ultra-frais et yaourt

En conclusion, le marché de l’ultra-frais et du yaourt en particulier est en souffrance et
afin de pallier à cette décroissance, les acteurs devront revoir leur stratégie et s’adapter aux différentes évolutions du secteur et à l’arrivée de nouveaux acteurs menaçants. L’ouverture du grand magasin Costco en France le 22 juin dernier qui vend les yaourts par lot de 24 à prix cassés, pourrait bien être une potentielle menace aggravante à un marché déjà en difficulté.

Enregistrer

Enregistrer

Contact